Chapitre 1


La mort.
Vous êtes vous déjà demandé ce qu'il y avait de l'autre côté ?
Cette jeune femme blonde, aux cheveux ondulés et au regard d'un vert éclatant, se la pose tout les jours depuis maintenant trois mois. Et vous savez pourquoi ?
Tout simplement, parce que celle-ci est condamnée ...
Elle a appris à vivre avec cette maladie. Elle sait que quoi qu'elle fera, aucune issue ne s'offrira à elle. Elle en a bien conscience. C'est pourquoi, la seule chose dont elle ait envie, c'est de VIVRE. Vivre ses derniers instants, et en profiter au maximum.
Ce n'est que dans ce genre de situations que vous comprenez à quel point la vie est vraiment trop courte.
Elle vient tout les jours à la même heure dans ce fameux hôpital, faire sa chimiothérapie. Et pourtant, elle sait que ça ne lui servira strictement à rien d'autre, qu'à retarder l'échéance de son départ.
Elle soupire et s'apprête comme toujours à patienter près de la fenêtre. Le regard de la jeune femme se pose sur le magnifique ciel bleu qui recouvre la ville. Elle sourit rien qu'à la vue de ce magnifique paysage qui ranime en elle de vieux souvenirs.


FLASH BACK

On aperçoit une petite fille de 8 ans, à la tignasse couleur blé, courir de façon amusé dans le parc de l'hôpital.
Son rire anime la joie de tout ces malades. Elle n'a pas encore conscience, vu son jeune âge, que la plupart de ces personnes sont atteintes d'une maladie incurable. Tout ce qu'elle veut, c'est faire partager son enfance aux autres. Et elle y arrive parfaitement. Le sourire est sur toutes les lèvres. Mais, il se ressent, en particulier, chez une jeune femme d'une trentaine d'années. Elle a le regard scintillant de bonheur, malgré son fort affaiblissement physique, perçu par les creusements visibles sur son visage amaigri.
L'enfant s'approche alors de cette dame, lui tendant un bouquet de quelques fleurs. Trois, pour être exacte, mais qui représentent tant pour celle-ci. Son visage pâle, mais souriant, regarde attentivement la demoiselle, pour par la suite caresser son fin visage. Elle approche ensuite son nez de ces magnifiques fleurs de pré, et reniffle leur odeur pour la laisser imprégner ses petites narines. Elle sourit à cette sensation et embrasse le front de son enfant, qui n'a pas encore conscience que se sera leur dernière fois à toute les deux. Elle murmure alors à son oreille ces quelques paroles :

_ Je t'aime ma Princesse ... Ne l'oublie jamais ...

FIN DU FLASH BACK


Cette petite fille a grandi, et se retrouve dans la même situation que sa mère quelques années plutôt.
La même maladie va à présent les réunir. La différence, c'est qu'elle, se retrouve seule à la combattre.
Elle n'a plus de famille, et pas vraiment d'amis. Et d'ailleurs, elle n'en veut pas. A quoi bon leur infligeait sa douloureuse perte ? Cette belle blonde n'est pas de ce genre là. Elle préfère partir la tête haute, loin des regards de pitié auxquels elle serait confrontée tout les jours. La mort ne lui fait pas peur, ni ce qui l'attend de l'autre côté.
La jeune femme croise les bras, la tête posée contre la vitre. Son regard tergiversse à droite et à gauche. Quand lorsque tout à coup, il en croise un autre. D'un bleu océan jamais rencontré auparavant. Elle ne le connait pas, et apparemment lui non plus. Et pourtant, en l'espace de quelques secondes, il s'était produit un phénomène inqualifable. Une phénomène nouveau qui vous empêche de respirer, tellement il est surprenant et intense. Contre toute attente, lui aussi est blond. Coïncidence troublante me direz-vous, mais pourtant si vraie et unique en son genre. Une infirmière vint alors interrompre l'union de leur regard.

_ C'est à vous Melle Sawyer.

La jeune femme blonde ne réagit que quelques secondes après, trop prise dans cette confrontation bouleversante. Quand elle eu prit conscience qu'on l'a demandé, son regard se dirigea instinctivement vers la professionnelle de santé. Elle laissa alors transparaitre un léger sourire devant elle, et la suivit, en prenant soin de laisser son regard naviguer une dernière fois avec ce bel inconnu.
Elle rougit, espérant avoir la chance de le revoir, même si au fond de son coeur, elle se l'interdisait formellement ...



# Posté le samedi 08 novembre 2008 14:03

Modifié le lundi 10 novembre 2008 08:16





Chapitre 2


Je me rappelle qu'étant petite, ma mère me disait souvent " Crois en tes rêves, et ils se réaliseront ". Et à ce superbe âge, qu'est l'enfance, on croit tout et n'importe quoi. Comme à la soit disante venue du Père Noël ou de la petite souris si, nous, les enfants, restons sages toute l'année. Mais, je me rends bien compte maintenant qu'il ne faut jamais prendre en considération les croyances infondées, que vous révèlent les adultes. Et encore plus, lorsque ceux-ci sont atteints d'un cancer. Vous allez sans doute vous demandez "Où est le rapport ?", et je vais vous répondre aussi sereinement que possible qu'il n'y en a aucun. Stupide me direz vous. Et je le crois également. Stupide phrase pour en venir au fait que je rêve désespérément depuis plus de cinq jours de le revoir passer la porte de ce fichu hôpital. Mais, en vain. A part, quelques Messieurs en déambulateurs ou en chaises roulantes, aucun Blondinet à l'horizon. Je soupire, le visage toujours posé contre cette fameuse fenêtre qui me rappelle désespérément chaque jour que je passe ici. J'admire encore une fois la beauté du ciel. Après tout, c'est la seule chose qui arrive encore à me faire sourire.
Qui aurait cru que cette magnifique couleur bleue pourrait émerveiller certaines personnes au caractère solitaire et ainsi, leur redonner espoir et courage ?
Personne. Sauf moi.
Depuis ma tendre enfance, j'ai toujours souris à cette vue formidable. Pourquoi ? Je n'en sais rien.
Elle représente simplement pour moi cette alchimie parfaite entre le monde extérieur et nous. Bizarre comme réponse, je sais.
Figurez vous qu'elle me fait même penser au rayonnement de son regard bleu océan.
Je pose alors mes mains sur mon visage, prenant conscience de l'absurdité de mes pensées. Et, ce n'est qu'en les retirant, que je l'aperçois dans le parc. Je souris instinctivement, et colle mes mains sur le vitrage, obnubilée par sa personne, et ayant du mal à croire à sa présence ici. Je referme alors les yeux, et les re-ouvre, espérant ne pas rêver. Ma bouche resta longuement entrouverte. En effet, je constata avec effarement qu'il n'était plus là. Et voilà que maintenant, je le rêvais. Je secoua la tête, déçue, et me dirigea vers le distributeur automatique le plus proche. Je crois que j'avais réellement besoin de me raffraichir les idées. N'ayant pas de monnaie, je passai donc ma carte bleue dans le trou rectangulaire prévu à cet effet. Je tapa ensuite le code pour avoir une bouteille d'eau minérale et confirma en appuyant sur le bouton vert. Rien ne se passe. Bizarre. Je rappuie une seconde fois. Toujours rien. Et bien sur, il avait fallu que je tombe sur la seule machine ayant des difficultés à comprendre le français ... J'inspire, et souffle pour reprendre mon calme. Je décide alors de prendre la solution de facilité. Tant pis pour la bouteille d'eau, je vais aller plus loin. J'appuie donc sur un second bouton désignant le retrait de la carte. Mais là, le comble. Impossible de la faire ressortir. Je commence à perdre mon sang froid. Je tape alors une première fois sur le distributeur, espérant le refaire fonctionner par la violence. Rien ne se passe. Je suis en pleine crise de nerf. Je retape alors une nouvelle fois avec mon poing, puis à coup de genou.
Rien, rien et toujours rien ! Journée pourrie.
Je soupire, inspire, puis expire, et essaye de passer me fins doigts à l'intérieur du trou. Aucune utilité. Je suis toujours dans le même pétrin. J'appuie alors de nervosité sur tout les boutons à la fois, faisant sortir une multitude de canettes de l'appareil. Et me voilà, par dessus le marché, attaqué par du coca. Je balance mon sac à mains à terre, et m'accroupis pour ramasser mes bêtises. J'entends alors une voix inconnue s'adresser à moi de façon ironique.


_ C'est la première fois que je vois une jolie blonde se battre avec un distributeur de boissons ...


Je relève alors mon regard, toujours à terre, prête à l'incendier de toutes les expressions possibles et inimaginables. Mais, je me stoppa net, constatant que le jeune homme blond, celui que j'avais temps espéré, se trouver là, devant moi, à m'observer. Je souris faiblement, confuse, mais surtout gênée. Je tente en vain de faire bonne impression.


_ Disons que je n'aurais pas eu à le faire si ce fichu distributeur ne m'avait pas avalé ma carte bancaire ...


Il sourit, et me tend la main, amusé par la situation. Je l'accepte avec plaisir, et m'aide de son bras pour me relever. Il s'approche alors très près de moi et passe sa main dans ma chevelure blonde. Je reste sans voix. Je ne comprends même pas ce qu'il essaye de faire. Je me tais donc, et me contente de l'admirer. Il me vole alors quelques minutes ma pince à cheveux, et la faufile dans la serrure du distributeur. Heureusement que le personnel médical ne nous voit pas. Je n'ose imaginer ce qu'il penserait de nous à cet instant précis. Je souris à le voir s'acharner ainsi, de façon aussi sereine. Je me décide alors à troubler le silence qui s'était installé depuis déjà quelques minutes.


_ Avouez. Vous êtes le fils de Mc Giver ?


Il pousse un léger rire, sans pour autant être troublé dans sa concentration. Quelques minutes après, je le regarde étonnée. Il tenait entre ses doigts ma carte. Je laissa alors transparaitre un faible "Merci", tandis que lui reposa exactement à la même place que précédemment, ma pince dans mes cheveux. Il me murmura alors à son tour :


_ Je m'appelle Lucas ...





# Posté le dimanche 09 novembre 2008 11:22

Modifié le mardi 11 novembre 2008 03:31




Chapitre 3


Musique : Wires - Athlete



Le parc était vraiment calme ce matin. Pas une pointe de vent à l'horizon. Juste le Soleil et Nous.
Je le connaissais depuis seulement quelques minutes, et pourtant j'avais l'impression qu'une réelle complicité s'installait peu à peu entre nous. Je suis persuadée que cela doit vous semblez absolument absurde, et carrément impossible. Mais pourtant, c'est la stricte vérité.



♥ You got wires, going in
You got wires, coming out of your skin
You got tears, making tracks
I got tears, that are scared of the facts ♥




Je souris, rien qu'en pensant à cette matinée qui avait, pour le moins, mal commencé, et qui à présent, avait l'air d'être l'une des plus belles à mes yeux. Nous marchions longuement et silencieusement, le visage à l'air libre, comme coupés du reste du monde. Je ressentais cette sensation unique qu'ont les fleurs quand elles se mettent à pousser. Je gardais mes mains dans les poches de mon blouson en cuir. Il appartenait à ma mère, et il tenait une place très importante dans mon coeur.
Cela faisait déjà plusieurs minutes que nous n'avions rien dit, et pourtant la gestuelle suffisait à se comprendre, et à apprécier ce moment passé ensemble. Je souris instinctivement et posa mon corps dans l'herbe fraiche. Lucas me regarda étonné, pour finalement finir par se coucher à côté de moi. Nos cheveux fleurtaient avec le gazon humide, alors que moi, je prenais soin de respirer avec délicatesse le parfum de l'air libre. Je dirigea ensuite mon regard vers ce magnifique ciel bleu, et décida enfin de troubler ce silence, qui commencait à se faire pesant.


_ C'est ma couleur préféré ...


Dis-je en désignant cette magnifique couche bleutée se trouvant au dessus de nous. Il sourit, puis ouvre à son tour la bouche :


_ Dans ce cas, tu dois adorer te noyer dans mes yeux ...


Je poussa un léger rire suite à sa remarque, sans pour autant cesser de fixer le ciel.
Au fond, il n'avait pas tort. Dès que mon regard s'était posé sur lui, j'avais éprouvé une sensation bizarre que je ne saurais expliquer. Tout ce que je savais, c'est que grâce à lui, ma vie allait prendre une tournure différente. Peut être que je me voilais la face ... Peut être qu'il n'y aurait jamais de réciprocité dans ces sentiments ... Mais après tout, qu'avais-je à perdre ? J'avais seulement dix neuf ans, et pourtant ,ma vie tournait uniquement autour de ce fichu hôpital.


_ Pourquoi viens tu ici ? Tu es malade ?


Me demanda-t-il.
La question que je redoutais tant venait de percuter mes oreilles sans que je m'y attende. Je ne savais pas vraiment si je devais lui dire la vérité. Après tout, je le connaissais à peine. Je percevais en lui un être de confiance, mais ma seule crainte était de le voir me tourner le dos. Le voir fuir, comme tout les autres.
Et pourtant, je m'étais promis de ne jamais m'attacher par peur de recevoir des regards de pitié et des larmes de désolation. J'étais à présent dos au mur. Que devais-je faire ?
Mentir me semblait à ce moment précis la meilleure des solutions envisageables.


_ Pas vraiment. Disons que j'ai juste besoin de me sentir rassurée.


Réponse bidon, je sais.
Je croise simplement les doigts pour qu'il change de sujet. Je souris de façon cripé, et propulse mon regard vers le sien, espérant y trouver une réponse. Il se contenta de sourire à son tour, pour finir enfin par me répondre :



♥ I see it in your eyes, I see it in your eyes
You'll be alright
I see it in your eyes, I see it in your eyes
You'll be alright ♥




_ Mon Grand Père est atteint de la maladie d'Elzeimer. Du coup, je viens lui rendre visite régulièrement pour lui montrer des photos de famille, espérant ainsi lui raffraichir la mémoire. Mais en vain.
(Il soupire, le regard embué de déception)
Les médecins ne cessent de me répéter que mes tentatives resteront un bel échec, mais je ne peux pas me résoudre à l'abandonner. Il est ma seule famille. Si je ne m'en occupe plus, alors qui le fera ?


J'étais très touchée qu'il se confie à moi de cette façon. Le pauvre avait du vivre des choses très dures dans sa vie. Je crois que l'on se ressemblait plus qu'on ne pouvait l'imaginer. Je souris faiblement, ne sachant trop comment tenter de le rassurer, puis me redresse en prenant soin de m'accouder au sol, tout en tâtant la terre.


_ Pourquoi me dis tu des choses aussi personnelles ?
Après tout, on ne se connait pas.
_ C'est peut être justement pour cette raison que j'arrive aussi facilement à me livrer à toi ...
_ Je m'appelle Peyton au fait ... Je ne me souviens pas te l'avoir dit ...



Il sourit, et se redresse à son tour. Il me regarde intensément puis finit par se relever, et me tendre la main. Je l'accepte avec plaisir, pour par la suite, continuer à ses côtés, notre petite promenade. Il cueilla au passage une de ces magnifiques fleurs des prés que j'adore renifler, et s'arrêta net pour me la coincer entre mes cheveux et mon oreille. Bizarrement, je me sentis mal au contact de sa peau. Je tenta cependant de paraitre autant indifférente que possible.


_ Je t'ai menti ...


Avouais-je, prête à lui dire la vérité.


_ J'espère que ce n'est pas au sujet de ton prénom ... Parce que moi, il me plait beaucoup.


Je rougis, gênée. Puis, repris le peu de courage qu'il me restait, tout en inspirant profondément. Je m'arrêta alors brusquement. J'avais besoin de le lui dire dans le blanc des yeux, pour comprendre sa réaction.




♥ Looking at you now, you would never know ♥




_ J'ai un cancer ...








# Posté le lundi 10 novembre 2008 11:52

Modifié le mardi 11 novembre 2008 10:41



Chapitre 4


Musique : Halo de Bethany Joy Lenz



Le silence.
C'est tout ce qu'il y avait à ce moment précis entre nous.
La peur, m'avait également envahit. Oui, je craignais de le voir me juger, et me dénigrer. J'essayais en vain de trouver une réponse en fixant son regard, mais en vain. Je n'y percevais seulement que de la confusion. J'entrelaçais mes doigts, sentant la sueur dégouliner peu à peu sur mon visage, accompagnée d'une crispation de mes fins traits.
Je n'arrivais pas à comprendre pourquoi j'avais aussi peur de le perdre. Lui. Et pas un autre.
Bizarrement, je savais au plus profond de moi, qu'il était différent. J'avais pertinemment conscience qu'il ne me percevais pas avec pitié. Je soupira, espérant enfin le voir réagir. Mais, apparemment, il n'arrivait pas à trouver les mots justes. Il se contenta de m'essuyer du bout des doigts le visage, et de poser sa main gauche sur mon épaule. Pas en signe de désolation, non, mais plutôt en signe de courage. Je suis forte, et il le sait. Je le vois dans ses yeux. Et rien qu'à la vue de cette expression, je me sens réconfortée.
Le Silence peut parfois être pesant, surtout lorqu'on a besoin de réponses. Mais, pas celui-ci. Le notre était pour le moins réaliste et rempli d'émotions.


_ Viens avec moi ...


Lui dis-je en lui tendant ma main, qu'il agrippa immédiatement.
Il me regarda alors l'air interrogateur, mais me suivit sans poser de questions. Je souris et le guida sous le Chêne du parc de l'hôpital.


_ C'est mon endroit préféré ...


Rétorquais-je en m'amusant à toucher du bout des doigts l'écorce si fine du tronc.
Je souris instinctivement. Il était le premier que j'emmenais ici, et il serait sans doute le dernier.
Je le regarda dans un premier temps, puis observa les alentours, pour voir si personne n'était dans le coin. Quand j'eus terminée mes petites vérifications, je grimpa d'une traite tout en haut de l'arbre.


_ T'es folle ou quoi ?! C'est dangereux. (Me cria-t-il)
_ Tais toi, et montes ... (Chuchotais-je pour ne pas qu'on m'entende)


Il me lanca un regard tueur, puis s'éxécuta rapidement. Nous étions donc assis sur la plus haute branche du Chêne. La vue qui s'offrait à nous était, pour le moins, merveilleuse. Nous avions le regard pointé sur ce magnifique étang présent devant nous. Il sourit en constatant à quel point ce paysage était d'une splendeur inconcevable.


_ Je comprends à présent, pourquoi il s'agit de ton endroit préféré ...


Dit-il, le regard émerveillé.
Je souris, contente que cette beauté reproduise en lui le même effet que dans mon coeur.Je profite de ce moment unique pour faufiler ma main dans l'un des trous de l'arbre, pour y extirper un objet d'une grande importance pour moi. Le beau blond me regarde alors, impatient de savoir le contenu de cette petite boîte en métal que je venais de récupérer. Je souris, et la lui tends. Il me demande, par un simple mouvement du regard, mon accord pour l'ouvrir. J'acquiesce faiblement, pendant que lui découvre son intérieur. Il la referme et commence à en déplier un minuscule papier. Il lit alors à voix haute " Faire un bonhomme de neige ... Courir sous la pluie quitte à attraper une pneumonie ... Monter à cheval ... Voir l'océan ...Voler ... Tomber amoureuse ... "
Il soupire suite à sa lecture, et me regarde longuement dans le blanc des yeux, pour finir, par enfin ouvrir la bouche.


_ Ce sont toutes les choses que tu n'as jamais faites, n'est-ce pas ?


Me demanda-t-il cette fois-ci, en dirigeant son regard vers le mien.


_ J'ai juste besoin d'une présence qui m'aide à me sentir libre Lucas ...
(Je soupire)
Aides moi à oublier cette maladie, et à accomplir toutes ces choses que j'espère faire, jours et nuits, depuis que j'ai dix ans ... Aides moi à réaliser mes rêves ... Je sais qu'on ne se connait pas vraiment, et pourtant, j'ai conscience qu'au plus profond de moi, c'est toi ... Tu es la personne que j'ai toujours souhaiter avoir à mes côtés, et tu sais pourquoi ? Tout simplement, parce que tu ne me juges pas. Je sais qu'avec moi, tu ne t'inventes pas une personne. Tu restes tout simplement toi ...
Alors Lucas, je te le demande comme un service, aides moi à vivre ...



Suite à cette révélation, il me regarde les yeux embués d'émotions, et me prends pour la première fois dans ses bras. Je peux sentir son odeur se faufiler entre mes narines, ainsi que les frissons m'envahir au contact de sa peau. Je desserre par la suite notre étreinte, et le regarde fixement, en attente d'une quelconque réponse. Il me sourit, puis m'aide à redescendre de l'arbre. Il me prend ensuite la main, et m'emmène sur le petit pont en bois installé au dessus de l'étang. Il me regarde alors dans le blanc des yeux, prêt à me poser une question :


_ Accepterais-tu de danser avec moi Blondie ?
_ Ici ?
(Lui demandais-je étonnée)
_ Ici, au milieu des canards et au dessus de l'eau.
_ Mais nous n'avons même pas de musique ...
_ Il suffit de se l'imaginer ...



Sa demande était plus que surprenante, mais pourtant, j'appréciais son geste. Il décrypta en un regard un "oui" sincère. Il souria, et posa ses mains sur ma taille, pour par la suite, se rapprocher dangereusement de moi, laissant ainsi nos regards s'entremêler et nos corps se déhancher aussi délicatement que possible. Je remarqua un scintillement dans ses yeux, qui devait également se laisser percevoir dans les miens. Qu'éprouvions nous à cet instant précis ? Je ne saurais répondre à cette question. Tout ce que je savais, c'est que pour la première fois depuis l'annonce de ma maladie, quelqu'un arrivait enfin à me faire vivre, à me faire sourire, et à me découvrir la vie ... A la vue de mon sourire, il s'approcha délicatement de mon oreille, y glissant quelques paroles, très significatives à mes yeux :


_ Je t'en fais la promesse Peyton ...




# Posté le mardi 11 novembre 2008 13:59

Modifié le samedi 15 novembre 2008 08:15




Chapitre 5


Musique : Titanic


La nuit venait de tomber, tandis que Lucas avait insister pour m'emmener dans un endroit top secret. J'avais accepter sans revendiquer. Je m'étais simplement vêtue d'un châle, ayant besoin de ressentir la chaleur m'envahir par ce fort vent d'autômne. Cela faisait bientôt une bonne heure que nous marchions sur le sable chaud de la plage, nos pieds complètement nus.


_ Où m'emmènes tu ?


Demandais-je entre le bruit du vent et ce silence pesant.
Le beau blond dirigea son regard vers moi, prêt à me répondre. Il désigna du bout des doigts ce lieu si spécial à ses yeux, caché derrière un gigantesque tas de roches. Je lui fis de gros yeux, et rétorqua.


_ Tu m'as trainé jusqu'ici pour me montrer de vulgaires caillous ?
_ Fais moi confiance Peyton. Je te promet que tu ne le regretteras pas.



Un large sourire se dessina sur mon visage, alors que lui sortait de la poche de son jean, un long foulard bleu. Il constata qu'encore une fois, j'allais ouvrir ma bouche pour le questionner. Mais, il me stoppa net en posant son doigt sur mes lèvres, son regard se mêlant à présent au mien. Il murmura alors à mon oreille un simple "Chut", puis, noua délicatement son foulard autour de mes paupières. Je souria face à ce suspens insoutenable. J'avais hâte de savoir ce qu'il me réservait, même si sa présence à mes côtés, dépassait déjà toutes mes espérances. Il me prit par la main, en prenant soin de me préciser lorsqu'un danger se présentait à moi. Il me fit alors doucement monter tout en haut des rochers, le vent se faufilant dans mes cheveux à toute allure. Tandis que j'avais toujours les yeux bandés, lui caressait mes cheveux dorés. Après quelques minutes de silence, il me laissa enfin la possibilité de partager avec lui, la vue qui s'offrait à nous. Je laissa alors transparaitre un joli sourire, émue par ce magnifique paysage. Nous pouvions observer d'en haut, la vue magique du coucher de Soleil se dessinant sur la mer agitée par les bourrasques de vent. Lucas posa alors son menton contre mon épaule. Je pouvais sentir son souffle se disperser sur mon visage. J'en frissonna même au contact de sa peau.


_ Tu as froid ?


Me demanda-t-il en passant ses mains autour de ma taille comme pour me réchauffer. Je souria intérieurement à ce rapide rapprochement.


_ Plus maintenant ... (Murmurais-je d'une voix douce)
_ Tu avais noté sur ta liste que tu espérais voler un jour ... Alors, voilà, ce n'est peut être pas ce que tu imaginais, mais c'est ma façon à moi de te faire rêver ...


Je plongea mon regard dans le sien, surprise mais à la fois, touchée par ses propos. Il entralaça par la suite mes doigts, pour finir par poser ses mains sur mes avants bras, et me les faire lever à la manière de Rose et Jake dans Titanic. Cela peut sembler fou et ridicule, mais Lucas avait raison. Je n'avais jamais imaginer voler de cette façon là, et pourtant, il venait de réaliser l'un de mes plus beaux rêves. Ce geste me donna des palpitations tellement il était fort. J'avais l'impression de rêver, et j'adorais sentir mon châle et mes cheveux se soulever.


_ C'est le moment où je dois dire "Je vole", non ?
(Demandais-je complètement perdue dans l'océan bleu de ses yeux)
_ Et moi, celui où je dois normalement t'embrasser, je me trompe ?
(Rétorqua-t-il en approchant dangeureusement son visage du mien)
_ Il me semble.


Répondis-je, tandis que nos lèvres s'apprêtaient enfin à se toucher. Il replia alors mes bras, tout en prenant soin de continuer de serrer mes mains avec douceur. Nos regards se mêlèrent une fois encore, divinguant par instant sur la vue de nos bouches, remplies alors de désir. Je passa alors ma main sur l'arrière de sa chevelure, et laissa enfin mes lèvres effleurer délicatement les siennes, pour par la suite, laisser nos baisers prendre de plus en plus d'ampleur et d'intensité.
Il s'agissait à cet instant précis, de la plus belle soirée de toute ma vie. Nous avions alors tout les deux conscience que pendant ce bref moment, tout avait été différent. Nous avions réussi à nous évader de nos vies respectives pendant un court instant. Quelque chose de vrai s'était établi, quelque chose de profond.
Le temps s'était arrêté, et le mouvement aussi. Nous avions tout les deux ressentis cette connivence, mais nous savions pertinemment que la vie devrait reprendre tôt ou tard son cours normal ...





# Posté le lundi 17 novembre 2008 13:16

Modifié le mercredi 26 novembre 2008 05:47